Vers une stratégie de mise en œuvre d’actions pour améliorer Bissighin

SP1000854uite à une étude réalisée de juillet à septembre 2014 sur la stratégie préliminaire de mise en œuvre du Programme participatif d’amélioration des bidonvilles (PPAB 3), l’équipe d’experts de l’agence PERSPECTIVE dirigée par Liliane Pierre Louis a présenté le rapport provisoire de l’étude, le 26 septembre 2014 au Ministère de l’habitat et de l’urbanisme. Etaient présents à cet atelier, des représentants d’ONU Habitat, des structures centrales de l’Etat, des services municipaux de Ouagadougou, des élus de l’arrondissement 8 et des résidents du quartier Bissighin.
Cette étude stratégique a permis d’analyser plus finement le « chemin de l’eau » dans le quartier et de déceler des interactions avec d’autres préoccupations de services urbains. Ainsi, cinq objectifs concourants ont été ciblés : 1) maîtriser les eaux usées et les ordures ménagères qui dévient l’écoulement naturel des eaux pluviales, 2) empêcher la stagnation des eaux, 3) dompter le ruissellement rapide, 4) donner des usages divers aux « bancotières », 5) organiser la lutte contre le ravinement.
La stratégie de mise en œuvre du PPAB 3 se fonde principalement sur l’organisation des résidents en un comité de quartier à trois niveaux imbriqués : 1) unités d’action, 2) structures thématiques 3) composante administrante (bureau + cellule technique).
Un atelier prévu du 19 au 21 novembre 2014 à Nairobi au Kenya permettra de consolider cette stratégie de mise en œuvre du programme participatif d’amélioration du quartier de Bissighin.

Les non-lotis explorés par les artistes

Dans le cadre de la 8e édition du festival artistique et culturel  » les Récréatrâles « tenu du 25 octobre au 02 novembre 2014, un colloque a été organisé sur le thème « Art et territoire. Les espaces de la création contemporaine africaine en question. »

Ce colloque a connu la participation d’universitaires, de chercheurs, d’hommes et de femmes de culture et d’artistes qui ont partagé pendant deux jours (du 28 au 29 octobre) leurs expériences, leurs analyses et leurs commentaires sur le lien entre « art » et « territoire » ainsi que sur les nouveaux espaces d’émulation et de création artistiques de plusieurs villes africaines (Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, Douala, Lubumbashi, Brazzaville, Dakar…).

bissighin 21-10-2014 (29) copieLes quartiers non lotis de Ouagadougou ont ainsi été présentés aux artistes à travers la communication de Léandre GUIGMA sur les « Quartiers non-lotis de Ouagadougou : espaces de vie, terreaux de création urbanistique ». Cette présentation a posé un regard critique sur la pratique actuelle des aménagements urbains à Ouagadougou, qui privilégie l’application de normes et de règles d’aménagement au détriment de l’adaptation aux usages et aux processus d’appropriation des espaces par les résidents.  Le besoin de « petits aménagements » innovants stimulant des liens sociaux à l’échelle du quartier, de l’îlot, de la rue a été questionné en lien avec l’engagement et la participation des citoyens – résidents, dans la coproduction de leur cadre de vie.

Les Etats généraux sur le lotissement, espace de dialogue autour des pratiques d’aménagement au Burkina Faso

Les Etats généraux sur le lotissement qui se sont tenus à Ouagadougou les 24 et 25 octobre derniers ont constitué un temps de réflexion national important sur les pratiques actuelles de l’aménagement urbain au Burkina Faso, et notamment sur leurs dérives. Organisés sous le patronage du Premier Ministre par le Ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme, en collaboration avec le Ministère de l’Economie et des Finances, le Ministère de l’Administration territoriale et de la Sécurité ainsi que le Ministère de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation, les Etats généraux ont réuni les élus locaux (maires et présidents de conseils régionaux), les administrations centrale et déconcentrée des secteurs concernés par la thématique (habitat et urbanisme, impôts, aménagement du territoire…), la société civile ainsi que les professionnels du secteur. Les Etats généraux sont issus des recommandations de la Commission interministérielle mise en place par le gouvernement suite à la suspension des opérations de lotissement sur le territoire national en 2011.

La participation de l’Agence Perspective aux échanges : vers une nouvelle méthode d’aménagement

Logo EGLHuit commissions thématiques ont examiné certains aspects problématiques de ces pratiques (voir ci-dessous). L’Agence Perspective a participé étroitement aux débats par l’élaboration du rapport introductif de la Méthode intégrée d’aménagement concerté (MIAC) qui a été examiné par l’une de ces commissions animée par Léandre Guigma. Tel que présenté, ce rapport propose ainsi trois étapes pour le déroulement de la MIAC : « Avant l’aménagement », «Pendant l’aménagement » et enfin « Après l’aménagement ». Il apparaît aujourd’hui qu’il existe de nombreux points d’ombre en particulier dans les étapes « Avant » et « Après », induisant indirectement des pratiques imprévues et souvent problématiques freinant la mise en valeur des parcelles dans le respect de la réglementation et donc la mise en place de quartiers urbains réellement occupés et appropriés par les populations. Ce rapport émet donc des propositions pour lever ces points d’ombre. Il propose notamment de prévoir une programmation urbaine préalable à l’aménagement, de développer des mécanismes incitatifs et dissuasifs pour encourager la mise en valeur des terrains (assistance à l’auto-construction d’un côté, impôt sur le foncier non-bâti de l’autre), d’inciter le passage de la gestion foncière à la promotion immobilière ainsi que d’intégrer la problématique sociale aux aménagements. Enfin, il insiste sur l’importance de recourir aux autres opérations d’aménagement prévues par le Code de l’urbanisme et de la construction que celle du lotissement qui est supposée ne s’appliquer qu’aux terrains nus. L’opération de restructuration, prenant en compte l’existant, devrait en particulier s’appliquer de manière bien plus large au Burkina Faso.

Sur la base de ce rapport, les débats de cette commission ont été riches d’enseignements et apportent aujourd’hui de très nombreux éléments pour bâtir une Méthode intégrée d’aménagement concertée solide et qui puisse être opérationnalisée. Les Etats généraux ont ainsi constitué une première tribune de consolidation de la méthode.
Les recommandations issues des travaux de la commission relatives à l’élaboration des Plans d’occupation du sol (POS) en lien avec celle des Plans communaux de développement (PCD), au renforcement des compétences des collectivités locales grâce à l’appui technique de l’Etat ainsi qu’au test d’une MIAC « pilote » sur le terrain sont développées dans le rapport général des Etats généraux qui devrait être très prochainement diffusé au public.

 

Les huit commissions mises en place lors des Etats généraux :

- Historique et bilan des lotissements au Burkina Faso : causes 
et solutions des problèmes rencontrés
- Cadre réglementaire et institutionnel des lotissements 
au Burkina Faso : atouts, dysfonctionnements et perspectives
- Les acteurs de l’aménagement urbain au Burkina Faso
- Le financement du lotissement et de l’urbanisation au Burkina Faso
- Stratégies de gestion foncière dans les communes : quelles solutions ?
- Les nouvelles pratiques d’aménagement urbain : la Méthode intégrée 
d’aménagement concerté (MIAC)
- Le marché foncier urbain et la lutte contre les pratiques spéculatives
- Lotissement et genre : accès des femmes et des groupes marginalisés 
au foncier urbain

Atelier de formation à la prise en compte environnementale dans les projets et programmes de Lux Dev

Atelier LuxDévLux-Développement, l’agence luxembourgeoise pour la coopération au développement, organisait à Ouagadougou la semaine du 20 au 24 mai 2013 un atelier de formation et d’information à la prise en compte environnementale dans les projets qu’elle met en œuvre au Burkina Faso et au Niger, à destination de ses agents et partenaires proches. Solange Kpogbemabou et Léandre Guigma, architectes-urbanistes,  sont intervenus lors cet atelier pour présenter les manières possibles de promouvoir des aménagements durables et une architecture bioclimatique dans les deux pays. Ils ont mis en évidence qu’en utilisant le potentiel du milieu, il était possible de favoriser la création d’un micro-climat à l’intérieur des bâtiments, qui garantisse le confort des utilisateurs et s’adapte aux variations du climat de la zone. Pour ce faire, il s’agit entre autres d’optimiser : l’implantation du bâtiment, sa ventilation naturelle, son enveloppe, son isolation thermique, la ventilation de ses combles, la fenestration, les systèmes d’éclairage et de conditionnement de l’air.

Afin d’illustrer la mise en œuvre de ces principes de conception architecturale, ils ont eu l’opportunité de présenter le site d’accueil des visiteurs des ruines de Loropéni, dont les études architecturales ont été élaborées par l’Agence Perspective pour le Ministère de la Culture. Le site est actuellement en construction (suivi-contrôle mené par l’Agence Perspective également).

Vers la mise en place du Bureau d’assistance à l’autoconstruction

Atelier AAC mai 2013En vue de la mise en œuvre d’une assistance à l’autoconstruction au Burkina Faso prévue dans l’étude menée en 2010 par le groupement Initiatives Conseil International-Agence Perspective (prospectus de présentation de l’étude), les futurs agents du Bureau ont bénéficié d’une formation dispensée par le groupement. Du 6 au 8 mai, ces agents rattachés à la Direction générale de l’architecture et de la construction (DGAC)* du Ministère de l’habitat et de l’urbanisme se sont appropriés les objectifs définis pour le Bureau d’assistance à l’autoconstruction et ont pris en main les outils afférents.

L’autoconstruction qualifie une situation où le financeur et propriétaire du bâtiment en assure lui-même la maîtrise d’ouvrage. Afin de participer à la mise en œuvre de la Politique nationale de l’habitat et du développement urbain qui prévoit dans son Plan d’actions 2009-2018 la promotion du logement décent pour tous, le Bureau d’assistance à l’autoconstruction a été conçu comme un espace de conseil pour les auto-constructeurs, afin de les orienter dans leurs démarches administratives (relatives à la parcelle et à la construction), financières (crédits), techniques (adaptation de plans-types) et constructives (mise en relation avec des professionnels des métiers de la construction).

Afin de mieux comprendre les attentes du public ciblé par le Bureau, les agents formés ont eu l’opportunité d’explorer le terrain à Komsilga, commune rurale située dans le sud de l’agglomération de Ouagadougou. Un lotissement récent a été visité et plusieurs habitants rencontrés. Dans la perspective de l’ouverture prochaine du Bureau, les agents ont défini de manière participative et avec l’appui des formateurs la manière de mettre en œuvre les objectifs conférés au Bureau, après avoir identifié les difficultés susceptibles d’être rencontrées.

*Direction de la promotion de l’habitat et du logement (DPHL) et Direction de la recherche et de la promotion des matériaux (DRPM)